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Le village vietnamien au cœur de la société

« Pour comprendre l’âme du Vietnam traditionnel, il faut aller à la campagne. C’est le village, cellule sociale et unité administrative, économique et spirituelle, qui est le dépositaire de ses plus vieilles valeurs culturelles. »[1], nous explique l’érudit Huu Ngoc dans un article sur le village vietnamien. Au « pays en forme de dragon », toutes les institutions, les coutumes principales, en bref le dépôt de la substance culturelle vietnamienne, sont issus de la cellule villageoise. Appréhender la civilisation qui s’est développée dans le Delta du Fleuve Rouge, c’est revenir sur ses origines, sur ce qui la fonde.

C’est que nous allons tenter de faire dans le présent article.

 

Revenons avec Huu Ngoc sur l’importance prépondérante de la cellule villageoise dans la constitution de l’État viêt au fil des siècles : « Au long des siècles, la nation vietnamienne s’est formée par l’essaimage de villages (compris dans le sens de communes rurales), unités politiques, sociales et économiques où s’est forgée la solidarité dans les combats incessants à la fois contre nature et contre les envahisseurs. Un très fort sentiment de communauté a uni l’individu à ses semblables, à l’échelle de la famille, du village et de l’État qui n’est qu’un ensemble de villages. »[2]

Le village vietnamien était une cellule autonome, autarcique, autosuffisante en un certain sens, qui devait bien évidemment rendre des comptes à l’État impérial mais qui, de fait, conservait une certaine liberté d’action par rapport à l’autorité suprême, comme les mains ou toute autre partie du corps, tout en étant liées immanquablement au cerveau directeur, possèdent une vie propre, une marge de manœuvre certaine : « Au plan administratif, le village constituait une organisation autonome dans l’État. Le pouvoir central représenté par les mandarins de district se contentait de fixer pour chaque commune un chiffre déterminé pour l’impôt personnel, l’impôt foncier, les corvées. Il appartenait au Conseil de notables aidé d’agents administratifs élus de satisfaire ces obligations. Le village réglait lui-même ses affaires intérieures. ‘’Les ordres royaux cèdent à la coutume du village’’, affirme un dicton. »[3]

Il est intéressant de noter comment l’organisation étatico-partisane s’est superposée à l’organisation traditionnelle villageoise : chaque chef de village, y compris au sein des minorités ethniques, est un représentant du Parti communiste vietnamien, ce qui montre comment le pouvoir centralisateur s’articule autour des réalités locales.

 

  • Les autres types d’institutions traditionnelles 

Au Vietnam, la cellule villageoise se fonde sur une galaxie de sous-cellules interdépendantes : « Au sein du village, en dehors de la structure administrative, les habitants étaient répartis en sept groupements (clan familial, groupement corporatif, hameau, etc.) dont le plus original était le giap. Ce dernier, vestige de la commune agricole primitive, était une association égalitaire et démocratique qui regroupait uniquement les hommes par classe d’âge (de la naissance à 18 ans, de 18 ans à 50 ans, à partir de 50 ans), quels que soient leurs titres, leurs fonctions ou leur fortune. »[4]

 

  • Des doctrines fondamentales en renfort au sentiment communautaire

Différentes doctrines communautaires, certaines endogènes et d’autres exogènes, sont venues consolider ce sentiment communautaire qui fait de l’individu non pas un atome libre mais une partie indissociable de l’organisme social, et qui se ressentent dans l’architecture du village vietnamien : « Chaque village a une maison communale (dinh) dédiée à son Génie tutélaire, des temples (dên ou miêu) pour le culte des esprits ou des génies (héros déifiés), une ou deux pagodes (chùa) pour adorer Bouddha, parfois un temple (van miêu) ou un tertre-autel (van chi) pour le culte de Confucius. […] Dans le village traditionnel, les trois éléments – souche autochtone animiste, confucianisme et bouddhisme – s’harmonisent et s’amalgament. En particulier, le confucianisme et le bouddhisme se complètent en répondant aux deux besoins de l’homme : le confucianisme, c’est le social et la raison, le bouddhisme, l’individu et le sentiment. En somme, la tête et le cœur. »[5]

 

  • Le village vietnamien, « dépositaire des traditions spirituelles et artistiques de la nation » 

Ainsi que nous l’avons mentionné ci-dessus en accord avec Huu Ngoc, le village s’articule autour de bâtiments cultuels dédiés aux génies, aux héros, à Confucius, à Bouddha, aux ancêtres. L’art ayant à l’origine toujours eu des racines spirituelles, il est intéressant de noter que c’est dans ces lieux sacrés qu’aujourd’hui encore, dans une société a priori entrée dans le siècle, que sont entreposés les objets d’art et d’histoire du peuple vietnamien : « Le village est également le dépositaire des traditions spirituelles et artistiques de la nation. Les ancêtres dont le culte est primordial dorment dans ses rizières. Chaque commune possède des temples [… qui] célèbrent au printemps et en automne des fêtes rituelles qui offrent autant d’occasions de communion et de liesse populaires. Ils abritent la majorité des œuvres architecturales et sculpturales anciennes du pays. »[6]

 

En conclusion :

« Formation sociale pré-capitaliste, le village traditionnel Viêt révèle une économie nationale autarcique essentiellement agricole, dotée d’une économie de marché restreinte et dépourvue de commerce extérieur. »[7] explique l’érudit Huu Ngoc. Lorsque vous réalisez un voyage au Vietnam et a fortiori dans le Delta du Fleuve Rouge ou dans les hautes montagnes du Tonkin, vous découvrirez vraiment dans les villages le dépôt, la substance du peuple vietnamien.

 

 

[1] Huu Ngoc, « La tête et le cœur du village traditionnel » in À la découverte de la culture vietnamienne, Éditions The Gioi, Hanoi, 2014 : p.373.

[2] « Pour et contre le village traditionnel », Op.Cit. : p.375.

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