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Les marchés au Vietnam

Au Vietnam, le marché est le cœur de la vie économique et sociale de la population. Lieu de rencontres, d’échanges, de partage de savoir-faire, il met en relief les différentes caractéristiques de la société, notamment : l’autosuffisance, l’articulation villages-villes, le poids de la femme dans l’économie, etc.

Du Nord au Sud du pays, il existe différents types de marchés vietnamiens qui s’expliquent par la géographie et par le facteur ethniques.

Découvrez-les avec VACTOURS dans le présent article.

 

Maurice Durand et Pierre Huard de l’École française d’Extrême-Orient nous donnent les caractéristiques principales du marché de campagne dans leur ouvrage indispensable Connaissance du Viêt-Nam (1954) : « Le marché de campagne (cho), composé de quelques auvents de maçonnerie ou d’abris en paillotte n’est, en aucune façon, une installation permanente. Presque toujours établi en dehors des villages, à un carrefour de routes ou au bord d’un cours d’eau, il répond parfaitement aux exigences décentralisatrices de la structure communaliste du Nord Viêtnam. Les grosses affaires en riz, bois, huiles, bambous, feuilles de latanier, buffles, volailles, se traitent dans des marchés spéciaux ou à domicile. On ne trouve que de quoi assurer le modeste ravitaillement des familles rurales. Les marchandes sont en majorité. »[1]

Le marché de campagne est donc un lieu de rencontres entre les différents villages, les différentes ethnies, les différents métiers. Au cœur des sociabilités des Vietnamiens, le marché permet de faire circuler, en plus des nouvelles d’ici ou de là, les savoirs.

 

  • Les marchés de montagne au Vietnam

Plus particuliers, plus pittoresques, les marchés de montagne au Vietnam attirent chaque année de nombreux visiteurs venus des quatre coins du monde. « Les marchés de montagne sont de véritables kermesses, hauts en couleur, où les gens issus de différentes minorités ethniques se donnent rendez-vous pour s’amuser et pour se griser. »[2], décrit l’érudit Huu Ngoc. On y distingue les marchés quotidiens des rassemblements plus importants (hebdomadaires, mensuels, etc.) : « En dehors des réunions quotidiennes, chaque marché a ses foires »[3].

Comme pour les marchés de ville et de campagne, les marchés de montagne au Vietnam sont dominés par la gente féminine : « Les femmes constituent la majorité des marchands. »[4]

À Ha Giang, la province la plus au Nord du pays, il faut compter environ 80 marchés ethniques (quotidiens, hebdomadaires, mensuels, foires annuelles, etc.). À Bac Ha, près de Lao Cai, les marchés font la renommée de ce district peuplé par les H’mong fleuris.

 

  • Les marchés de ville au Vietnam : le cas de Hanoi

Si l’on a en tête que le Vietnam vit d’abord par ses villages et ensuite par ses villes, et que dès lors la ville n’est qu’un regroupement de villages, l’on peut mesurer l’ampleur de ce qu’a pu être Hanoi lorsqu’elle se mit à développer frénétiquement son commerce, alimenté en cela par les villages des métiers traditionnels qui parsemaient ses environs. Maurice Durand et Pierre Huard nous contextualisent : « Longtemps Hanoi fut le grand emporium nord-viêtnamien où le commerce maritine international entrait en relations avec le commerce local. C’était le marché par excellence, Ke-cho. Mais il n’y avait pas de marché couvert et tous les six jours, la ville entière se transformait en un immense marché en plein air, occupant une longueur de plus de deux kilomètres et rendant la circulation impossible dans les rues obstruées par les étalages. »[5] Ke-Cho, les « gens du village » : Hanoi était si populaire pour son commerce (ayez en tête le Quartier des Trente-Six corporations) qu’on la surnommait ainsi, par rapport à la fonction économique qui la caractérisait en ces temps reculés.

À Hanoi, de nos jours, le plus grand marché de la ville est le marché de Dông Xuân : « Situé sur le principal axe du vieux quartier, il faisait partie d’un ancien hameau qui portait le même nom avant de devenir une rue. Il a été construit en 1889 par l’administration coloniale française pour remplacer l’ancien marché de Câu Dông (Pont de l’Est), qui se trouve à l’est, près de la Rivière Tô Lich, comblée en grande partie pour aménager de nouvelles rues. Couvert de tôle, il comprenait cinq larges compartiments.»[6] Cet énorme rassemblement connut son heure de gloires durant l’entre-deux-guerres : « Le compartiment du centre était occupé par les marchandes de classe (la grande majorité des commerçants étaient des femmes) : les marchandes d’étoffe […] et les marchandes des quatre-saisons […]. D’autres emplacements étaient réservés aux merciers (surtout des Chinois), aux restauratrices avec leurs spécialités qui faisaient les délices du fin gourmet de Hanoi (nem, pho, bouillon de crabes aux vermicelles…), aux marchandes de porc rôti, de vaisselle, de plantes d’ornement, de médicaments traditionnels, de bétel, de noix d’arec, de vannerie…, et même à une dizaine de devins et de devineresses aveugles ou pseudo-aveugle. »[7] Suite à la collectivisation, les marchés au Vietnam perdirent de leur importance ; il fallut attendre le Renouveau (1986) pour qu’ils reprennent leur juste place au cœur de la société vietnamienne. Rebâti en 1990 pour répondre aux nouvelles exigences, détruit par un incendie en 1994, le marché de Dông Xuân est reconstruit en 1996. Aujourd’hui, en dehors des produits alimentaires qui bien souvent proviennent des provinces environnantes, Dông Xuân commerciale énormément de « camelote » (électronique, vêtements, etc.) issue de la Chine.

 

  • Les marchés flottants 

Dans le Sud du Vietnam, sur Delta du Mékong notamment, existent les fameux marchés flottants de Can Tho et de Long Xuyen (parmi tant d’autres). Rassemblant le peuple des arroyos, il est le principal moyen de subsistance de ces hommes qui vivent avec l’eau.

Chargés de fruits, de légumes, parfois constitués en restaurants, leurs barques se rassemblent chaque matin et repartent chaque soir.

[1] HUARD Pierre et DURAND Maurice, Connaissance du Viêt-Nam, EFEO, Hanoi, 1954 : p.103.

[2] Huu Ngoc, A la découverte de la culture vietnamienne, Editions Thé Gioi, 7ème édition, 2014 : p.385.

[3] Idem

[4] idem

[5] HUARD P. et DURAND M., Op.Cit. : pp.103-104.

[6] Huu Ngoc, À la découverte de la culture vietnamienne, Editions The Gioi, Hanoi, 2014 :p. 67

[7] Idem (pp.67-68).

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