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Le thé au Vietnam : une culture, une discipline, une tradition  

Le thé au vietnam est, avec le café, le tabac et le riz; l’une des principales denrées qui font la popularité du pays à l’international. C’est aussi une tradition fortement ancrée dans toutes les strates sociales de ce petit peuple influencé par la Chine.

On dit de cette boisson qu’elle a des « propriétés anticancéreuses »[1], qu’elle désaltère en été comme en hiver, qu’elle apaise toutes sortes de maux, notamment la dysenterie.

Il y a mille et une façons de considérer la culture du thé vietnamien :

  • sous son angle sanitaro-alimentaire (la tradition du thé au Vietnam permet d’étancher sa soif avec une eau épurée d’un certain nombre de microbes répandus; parce que bouilli, et de soigner certaines conditions du fait des propriétés mêmes des feuilles de thé) ;
  • sous son angle culturel (la culture du thé vietnamien, ayant subi les influences de la Chine et du Japon et bien que moins ritualisée que dans ces pays-là, a mené au développement de nombreuses coutumes ; elle soulage la soif des paysans et des ouvriers; codifie l’accueil des invités simples comme prestigieux, inspire et habille l’éloquence des lettrés) ;
  • sous son angle économique (le thé vert vietnamien est un produit d’exportation à l’étranger).

 

La culture de thé vietnamien, une spécificité nationale

L’érudit centenaire Huu Ngoc nous renseigne : « Le thé vert est par excellence la boisson du paysan vietnamien qui plante souvent quelques théiers parmi les aréquiers de son jardin. Dans les familles, on en boit après le repas, et toute la journée. Dans les rizières, à l’époque des labours et de la récolte; il faut toujours avoir du thé vert en abondance pour les travailleurs : il calme la soif et redonne la force »[2].

Ainsi que nous l’avons mentionné ci-dessus, le thé vert vietnamien ressource, rassemble, restaure ; le Vietnam étant par essence une civilisation paysanne marquée par la riziculture; il était primordial que se développe en parallèle la culture d’une boisson qui puisse accompagner ses activités productives.

Huu Ngoc nous explique comme cette tradition du thé au Vietnam est; à l’origine, d’une simplicité dépassant l’entendement : « une simple infusion de feuilles de théier cueillies frais; qui ne subissent aucune opération. On peut faire bouillir les feuilles ou les laisser mijoter dans une petite théière ou dans une grande jarre de terre cuite »[3].

Dans un autre article, l’écrivain revient sur la diversité de cette culture du thé vietnamien : « Nous buvons le thé de feuilles fraîches (chè tuoi); le thé séché (chè khô), le thé grillé (chè man), le thé de boutons de fleur de thé (chè hat). […] Sur le marché mondial, on distingue le thè vert (feuilles séchées sans fermentation) et le thé noir (feuilles fermentées et séchées). »[4]

Il faut dire qu’il y a près de trente ans, certains chercheurs ont découvert que « les théiers vietnamiens de la frontière sino-vietnamienne ont la structure génétique la plus ancienne du monde »[5]; ce qui fait de la tradition du thé au Vietnam une tradition antérieure, bien que plus tard complétée par elle, à l’influence chinoise.

 

La tradition du thé au Vietnam, une tradition analogue à celles du Japon et de la Chine ?

« Au Vietnam, le thé n’a pas donné naissance à des rites philosophico-religieux comme au Japon ou en Chine. Ce qui n’empêche pas que beaucoup d’anciens lettrés dégustaient le thé en esthètes. »[6] nous explique Huu Ngoc dans un article essentiel.

Il est vrai qu’au Japon, différents moines et différentes écoles liés au Bouddhisme Zen ont développé une tradition du thé extrêmement codifiée; une discipline qui se fait le reflet d’une véritable vision du monde. Selon le moine zen Dogen, l’essence de la doctrine du thé met en avant quatre valeurs : 1) l’harmonie entre les hommes, entre l’homme et la Nature mais également dans le processus même du service à thé; 2) le respect de tous les objets du « culte », 3) la pureté matérielle et spirituelle qui se dégage de tout « baroquisme » ; 4) la sérénité de l’âme de celui qui sert, et de celui qui reçoit.

Sen Rikyû (1522-1591) résume dans un traité les sept règles de la cérémonie du thé : « Fais un délicieux bol de thé ; dispose le charbon de bois de façon à chauffer l’eau ; arrange les fleurs comme elles sont dans les champs ; en été, évoque la fraîcheur, en hiver, la chaleur ; devance en chaque chose le temps ; prépare-toi à la pluie ; aie pour tes invités tous les égards possibles »[7].

L’idée japonaise du wabi (frugalité, rusticité) est prédominante dans la cérémonie du thé : on retrouve cette valeur tant au Japon; qu’en Chine et au Vietnam : même les plus humbles des hommes possèdent une théière pour servir le thé, pour le boire; pour profiter de ses propriétés les plus essentielles. L’art du thé est un art de vivre ; s’il est moins ritualisé au Vietnam qu’au Japon; c’est dû en partie au caractère inné du Vietnamien qui s’encombre mal des lois et des préceptes lourds.

 

Principes essentiels dans la consommation du thé vietnamien

Il en reste que les principes communs aux deux pays (Japon, Chine) se vérifient au « pays en forme de dragon » : « Le bon thé vert doit être servi brûlant, hiver comme été. »[8]; parce que « l’absorption du chaud (principe mâle ou Yang) provoque une réaction de l’organisme qui produit alors du froid (principe femelle ou Yin) »[9].

L’harmonie des contraires, l’homme comme élément indissociable de la Nature et de ses cycles; l’accueil d’invités, la soif bien évidemment : toutes ces valeurs se retrouvent également dans la tradition du thé au Vietnam.

 

 

Article rédigé par Benoît BISSON

[1] Huu Ngoc, « L’inoubliable bol de thé vert », in À la découverte de la culture vietnamienne, Éditions The Gioi, 2006 : p.356.

[2] Op.Cit. : p.357.

[3] Idem

[4] Op.Cit. : « Entre le thé et le café » : p.358.

[5] Op.Cit. : « Il y a un « théisme » au Vietnam où le thé possède l’ADN le plus vieux dans le monde » :p.359

[6] Op.Cit. : « Entre thé et café » : p.359

[7] SOSHITSU Zen, Vie du thé, esprit du thé., Arléa, Paris, 2013 (paru en 1982) : p.41.

[8] Huu Ngoc, Op.Cit. :p.358

[9] Idem.

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